PRÉPARATIFS SCANNER RATÉS

Ruth se plaint de douleurs lombaires depuis quelques mois. Son médecin soupçonne un problème rénal. Aujourd’hui, elle va passer un scanner des reins, ce qui demande de boire un litre et demi d’eau au préalable sans aller se soulager. Il est d’ailleurs préférable de ne rien manger avant. Cela, notre gourmande fille de 23 ans n’a pas respecté, car elle vient à peine de consommer une énorme boule de fufu et une non moins négligeable portion de feuilles de manioc mélangées aux haricots. Ruth est rassasiée, mais est dans l’obligation de prendre sa bouteille. Dans la salle d’attente, la voilà qui avale non sans difficulté l’eau minérale. Après environ 25 minutes, elle parvient à ingurgiter la moitié.

-         « C’est trop, je peux plus rien prendre de plus, dit-elle à sa copine venue l’accompagner

-         Allez, courage, tu finiras la bouteille, répond celle-ci en lui serrant légèrement la main gauche pour la réconforter »

Durant environ 45 minutes supplémentaires, Ruth parvient à mettre dans son estomac toute l’eau, sous les bravos de sa compagne. Le regard un peu perdu, la jeune femme lutte contre les nausées. Machinalement, elle met ses mains sur ses lèvres, pensant ainsi éviter de rendre. Un moment cependant, elle n’en peut plus de se retenir. Tout en écartant ses jambes, Ruth s’incline un peu et pousse un rot bref, mais bien sonore. Jaillit instantanément de sa bouche une large quantité bien verdâtre qui s’étend sur le sol de la clinique en une flaque de belle taille. L’amie de Ruth sursaute et s’éloigne. La deuxième évacuation stomacale, précédée d’une toux et d’un hoquet, n’est pas moins abondante et élargit la flaque en une fraction de seconde. Le reste du contenu gastrique, moins volumineux, mais plus pâteux, est projeté assez violemment sous sept ou huit éructations énergiques. La confusion de la jeune fille et l’odeur du vomi sont fortes. Une infirmière nettoie rapidement le sol et Ruth préfère rentrer. Elle compte mieux se préparer le lendemain à jeun.