Les trois premiers mois de la grossesse de Linda ont été un calvaire gastrique. Son neveu Anatole, ce garnement de 14 ans, se foutait pas mal de sa gueule, surtout quand elle gerbait avec effort dans la parcelle (heureusement clôturée par un haut mur) ou aux toilettes ou encore lorsqu’elle se mettait à faire des chichis. Rancunière de nature, notre jeune femme de 27 ans se promit de jouer un vilain tour à sa façon le moment venu.

Ledit moment tomba un beau matin. Linda avait super-faim. Trop paresseuse pour acheter ce qu’elle voulait, elle décida d’envoyer Anatole

-          Anatole

-          Quoi encore ?

-          Va donc m’acheter des bananes et des chawarmas au coin

-          J’ai pas envie. T’as qu’à y aller toi-même

Le neveu répliqua avec un ton si déplaisant que Linda se qu’il le punirait comme il faut en usant d’un de ses dons d’enfance : l’hypnose.

-          Anatole, dit-elle d’une voix envoutante et mystérieuse

-          Oui, Tantine Linda ?

-          Prends du fric dans mon porte-monnaie et cours m’emmener 20 bananes et 10 chawarmas

-          Pas de problème, Tantine Linda

Le garnement arriva avec le repas en un temps record. La jeune femme se goinfra comme un porc et termina une aussi volumineuse quantité de nourriture en moins d’un quart d’heure. Elle savait qu’elle avait largement satisfait son appétit et connaissant les réactions de son organisme, qu’elle allait tout faire sortir très bientôt. Sentant les premières nausées survenir, elle rappela le fils à son grand frère

-          Anatole, apporte-moi la grande carafe qui est à l’étagère de la cuisine. Ensuite, tu enlèveras les pelures et l’assiette. Enfin, va dans ta chambre

-          Ok, Tantine Linda

Cinq minutes après que le bambin a quitté le salon, notre femme enceinte, toute pâle, se mit à toussoter bruyamment, sa bouche au-dessus de la carafe. Des filets gluants y coulaient doucement. Un rot plus tard, une humeur pâteuse se projeta. Les trois éructations suivantes, très dégoûtantes et assez violentes, firent déborder le récipient d’un immonde liquide jaune beige qui dégoulina sur la table. Les lèvres et le menton tachées de vomi, Linda sortit précipitamment du salon, fit quelques pas dans l’herbe de la cour, se pencha et lâcha deux autres gros jets espacés chacun de presque 20 secondes et marqués toujours par de désagréables rots. Elle attendit que son estomac se calme, regagna le salon, se mit sur le canapé, alluma la télé et appela son neveu

-          Anatole

-          Oui, Tantine

-          Viens essuyer la table… avec tes bras

-          Oui, Tantine

-          Prends la carafe, va à la douche et verse son contenu sur ta tête, OK ?

-          Oui, Tantine Linda

-          Bien. Après, tu fous le camp et tu rentres chez toi

-          No problem

Ce n’est que 100 m plus loin que le gosse revint à la raison, plaqué de gerbe. De peu, la foule l’entourant faillit le prendre pour un sorcier ou un dérangé. Lorsqu’on demanda à Linda l’explication de ce délire, elle prétendit ne pas savoir de quoi son neveu parlait. Maligne qu’elle était, elle avait soigneusement enterré toutes les peaux de banane, nettoyé toute trace de vomissure, aéré la douche en vue de faire disparaitre toute odeur suspecte. Bref, aucune preuve de ses forfaits.

-          Je sais que c’est toi qui m’as dégueulé dessus

-          Petit insolent, rétorqua la jeune dame en giflant brutalement le pauvre Anatole. J’ai plus envie de te voir

Depuis lors, le garçon ne met plus ses pieds dans la piaule de sa drôle de tante.