Durant la préparation des exams, Célia stresse beaucoup. Comme elle n’a pas de petit copain malgré ses vingt ans et son corps de rêve, elle se refugie souvent dans la bouffe. Célia peut prendre dix kilos en une semaine durant les blocus tellement elle mange pour ne pas paniquer. Juste après la révision du cours de droit commercial, elle se décide de remplir sa panse à l’excès. Célia ingurgite deux bols de céréales tout en mastiquant une grosse baguette fourrée au fromage, finit une boite en carton d’un litre de jus de pomme, un énorme pot de crème au chocolat et un demi-poulet rôti. La jeune fille se sent pleine, son pantalon la serre au bide, mais son trac de l’examen de demain ne diminue pas. Elle essaie de vouloir prendre un peu d’eau et constate qu’elle ne peut plus rien prendre. Peut-être qu’en se promenant un peu, ça ira mieux, dit-elle. Aussitôt elle enfile ses bottes, prend un métro histoire de se laisser aller.

Il fait tard, presque une heure du mat. Célia est assise seule. Depuis environ une demi-heure, son anxiété s’est transformée en une vague nausée qui s’amplifie chaque minute qui s’écoule. L’étudiante adopte toutes les positions possibles afin de refouler cette envie de gerber, mais rien n’y fait. Elle décide finalement de s’étendre sur le siège, les jambes repliées en chien de fusil. Un moment, un sursaut gastrique lui fait ouvrir instinctivement sa petite bouche. Un bref hoquet projette bruyamment et violemment une partie du poulet et de la crème glacée sur le sol du métro. Il est suivi de huit rots qui expulsent avec énergie toute la nourriture ingérée. C’est spectaculaire : les éructations sont légères, mais libèrent à chaque fois des volumes assez appréciables de vomi, sans compter qu’elles se succèdent très rapidement, presque chaque cinq secondes. Tous les alentours sont recouverts du repas de Célia dont l’odeur est fort peu plaisante et l’aspect peu ragoutant. Une véritable mare de morceaux divers liés par un liquide épais et gluant, une mare tellement large que la fille est obligée de marcher dessus pour se déplacer. Chose bizarre, son stress s’est évaporé en s’évacuant également par la gorge.

Un arrêt plus tard, Ceelia descend et rentre at home. Elle se sent soulagée, légère (elle a rendu presque trois litres !). Je ne pense pas que le chauffeur et les futurs passagers partageront ce sentiment quand ils s’apercevront de dégâts alimentaires de la jeune personne…