Trinity, jeune srilanko-bolivienne, a remporté haut la main le concours de gloutonnerie du collège. Son estomac a pu garder sans rien rejeter un incroyable volume alimentaire qui rend à présent son ventre élargi sous ce jean moulant et sa petite blouse, accentuant ainsi ses rondeurs déjà évidentes. En effet, notre fille de 14 ans a dévoré deux hamburgers de taille respectable, presque avalé 25 saucissons aux piments, ingurgité cinq gobelets de yoghourt de 500 ml et terminé une large assiette de tranches de tomates crues. À part une lourdeur bien visible dans son bide, Trinity ne ressent aucun malaise. Elle prend même un transport en commun avec sa sœur et arrive at home sans encombre.

Trois quart d’heures plus tard, la voilà dans sa chambre, allongée sur le dos, une main sous sa nuque et une autre sur son ventre rempli à ras bord. Elle s’assoupit un peu. Toutefois, quelques instants après, dans un demi-rêve, elle se met à pousser des rots assez malodorants. Il ne s’écoule pas trois minutes qu’une poussée énergique fait remonter dans l’œsophage autre chose que des gaz. Trinity sursaute, se retourne, s’appuie de ses mains sur les draps tout en se surélevant légèrement et une formidable mixture blanc rouge s’éclabousse sur l’oreiller et les alentours.

Dégoûtée de son travail, un autre réflexe vomitif envahit l’ado. Elle se lève rapidement, marche dans les couloirs menant vers la salle de bains. En plein milieu de son trajet, elle s’arrête, ouvre grand la bouche, libère une déplaisante éructation ainsi qu’un flot visqueux qui s’éparpille avec un bruit épais durant quelques secondes, ce qui alerte sa sœur qui suit la télé au salon. « Waouh ! », s’exclame-t-elle en voyant la quantité dégorgée.

Trinity avance encore d’un certain nombre de pas, glisse plusieurs fois sur son dégueulis. Elle ouvre la porte avec peine, s’agenouille tout en se tenant l’estomac. Après un hoquet, le sol de la douche est recouvert de morceaux de tomates et de saucisses baignant dans une humeur tiède vaguement beige, gluante à souhait. Dire que l’odeur qui flotte est répugnante est un euphémisme. Le jean et les pieds de la meuf sont bien souillés. Carrément en dérapant dans la mare infecte, Trinity accède au bidet, les bras croisés sous sa tête. Les rots sont plus vibrants et se succèdent à un rythme rapide, tout en éliminant vigoureusement les dernières traces du gargantuesque repas sous des jets plus ou moins abondants. Une large humeur grumeleuse flotte.

Notre ado est fort confuse. Aidée de sa frangine, elle parvient à nettoyer toutes ses horreurs en moins d’une heure. Elle n’oubliera jamais cette journée, ce qui ne veut pas dire qu’elle a abandonné toute autre tentative de concours de bouffe. Elle en a encore remporté un quatre ans plus tard et s’est vidé la panse en plein cours de biologie, tout d’abord sur le dos d’un pauvre collègue étudiant, ensuite bruyamment par terre. La séance académique stoppa net et la salle fut évacuée durant de longues minutes. Mais cela est une autre histoire…