LA GERBE GRATITUDE

Olive en a marre de Maître Norbert dont elle est secrétaire : à la fin du mois, elle ne touche que des miettes, alors que son employeur ne cesse d’accumuler grosses caisses et meufs roulées. Olive est frustrée : non seulement qu’elle touche un salaire de chien, mais en plus elle ne parvient pas à séduire Me Norbert malgré ses miches de rêve et ses nichons arrondis. Elle décide cet après-midi de lui faire ses adieux de manière… marquante.

Notre jeune fille s’en va dans un resto de fortune et prend le parti d’engloutir six grosses bananes plantains enrobées de sauce aux haricots et servies sur deux plats. Bien rassasiée, elle conclue son repas en buvant tout un verre d’huile de table.

D’un pas résolu, Mademoiselle se dirige vers le bureau de son patron qu’elle sait absent pour au moins trois heures. Elle ouvre la porte et attend patiemment que l’huile fasse ses effets. Bien lui en prend : de fortes nausées la tiraillent bientôt.

Les deux mains sur la table, Olive lance un gros hoquet et dégorge une pâte brun-jaunâtre qui s’éparpille sur la paperasse. La fille se retourne rapidement dès qu’elle sent le prochain vomi remonter et projette sur le clavier et l’écran du laptop la même substance. Ne pouvant plus se maîtriser, Olive s’agrippe sur un fauteuil d’une main, saisit son ventre de l’autre et éclabousse par deux fois le sol moquetté de la pièce d’une gerbe bien chaude et peu agréable à voir.

Difficilement, toute en sueur, la secrétaire se ressaisit. Elle jette le trousseau de clés sur la flaque à terre, s’éponge le visage et sort de la salle en prenant un air normal, comme si de rien n’était.

Il paraît que Me Norbert piqua une crise de nerf en entrant dans son bureau et jura par après qu’il remuerait ciel et terre pour mettre la main sur son indélicate ex-secrétaire.