Bière, bière, bière (II)

Anta est bourrée, pleine de liqueurs et de trois plats qu’elle a avalés au fast-food en bas de l’Université. C’est qu’avec les amis, elle a fêté sa réussite en première session en Troisième Année Économie. De 18 h à 1 h du matin, notre fille de 22 ans a mangé et bu à volonté, et même plus. De lourdes nourritures et de fortes boissons, à enivrer même si on a l’estomac rempli. C’est titubante qu’Anta est rentrée dans sa chambre de home, débitant des insanités à tue-tête et en bredouillant. Après s’être calmée, sans se changer, elle pose sa tête sur son lit, le visage en direction du lit opposé.

Un quart d’heure plus tard, dans un léger instant de lucidité, Anta s’assoit, déglutit drôlement et murmure à peine qu’elle veut tout rendre, ce qui ne tarde guère. Elle projette à un mètre d’elle une épaisse mixture jaunâtre qui s’éclabousse sur les draps de son amie endormie, laquelle se réveille en sursaut. La deuxième évacuation, moins vigoureuse, mais tout aussi fournie, tombe avec bruit sur le sol de la chambre durant quatre secondes. Le troisième vomi, nettement plus violent que les deux précédents, se propulse de la bouche d’Anta tout en s’éclaboussant énergiquement par terre et s’achève par une toux caractéristique. Au même instant, la fille se pisse abondamment dessus. L’odeur combinée de la gerbe grumeleuse et alcoolisée et de l’urine rend l’atmosphère des plus irrespirables. Il s’ensuit de fortes éructations qui ne libèrent que des filets de bave beige-brunâtre.

Les voisines de la chambre accourent aux sons entendus. Elles sont écœurées par tant de dégueulis. Anta, quant à elle, se sent plus affaiblie et a désormais du mal à se mettre sur son séant. Ses collègues lui retirent ses vêtements souillés et nettoient le tout nuitamment.