Bibiche, 19 ans, a littéralement bouffé comme une truie à l'anniversaire de son pote Christophe. Elle s'est gravée d'à peu près trois kilos de nourriture. Il paraît qu'elle en a l'habitude. Mais pour la première fois de sa vie, elle a voulu goûter à une boisson locale, une espèce de bouillie pâteuse à base de maïs et à forte teneur en alcool. Quand je dis "goûter", c'est une façon de parler : Bibiche en a bu environ deux litres et demi ! La voilà ivre morte, le regard hagard, assise à l'une des extrémités de la grande table déjà débarrassée. Les amis de la fille l'observent d'un air amusé, mais aussi quelque peu inquiet : comment la faire rentrer chez elle dans un tel état ?


La compagnie n'en a pas fini de se poser la question que Bibiche éructe légèrement. À toute vitesse, le contenu de son estomac remonte. Ses lèvres se gonflent instantanément. Les plus prudents reculent tout en se levant de leur siège. Les plus distraits reçoivent sur les bras un très puissant jet qui se propulse de la bouche de la fêtarde un certain nombre de seconde et se répand majestueusement sur toute la longueur de la table. Après quelques secondes d'accalmie, une autre projection tout aussi spectaculaire en durée et en quantité, précédée d'un rot sonore, s'éclabousse sur trois chaises et une partie du sol. Perdant l'équilibre, Bibiche trébuche, s'appuie sur sa main droite, titube. Couchée sur le côté, un autre vomi moins violent mais abondant recouvre sa blouse et le sol avoisinant. Par après suivent des hoquets qui vident complètement le sac gastrique de la jeune fille. Une flaque grumeleuse trône par terre dans laquelle Bibiche agite ses bras en des gestes incohérents. L'odeur de la gerbe se sent à dix mètres à la ronde : une vraie infection !