En amoureux et sur un navire au port d’Auckland (Nouvelle-Zélande), Yvette soupe avec son mec. Curieuse comme toujours, elle commande des choses qu’elle n’a jamais goûtées : des écrevisses. Trouvant les crustacés fort délicieux, elle en finit tout un gros plat, elle qui pourtant mange généralement peu.

- C’est bon, ces machins, dit-elle, après avoir consommé son assiette. Si on enchainait avec du thon ?

- Mais, ma puce, t’es pas rassasiée ?

- Allons, Roland, un peu de poisson n’a jamais fait de mal à personne…

- C’est toi qui vois. Moi, ça me suffit

Sans tarder, l’un des garçons sert à la meuf de 23 ans un roulé de thon au goût exquis et en grosse quantité. Aussi étonnant que cela paraisse, Yvette a tout bouffé.

- C’est bon, chérie, on se casse ! N’oublie pas que nous devons faire un tour chez ton grand-père

- Il n’a qu’à attendre un peu. Je ne pensais franchement pas que ce resto préparait aussi bien. Je goûte les huitres et après on se taille

- Hors de question, mon amour ! Tu as trop mangé

- Quoi, t’as peur de ma ligne ?

- Non, je crains que tu aies mal au cœur. En plus, ces plats coûtent une fortune

- Mon petit chou à la crème, sois heureux de me voir grignoter. De tels événements ne se reproduisent pas tous les jours. Et les thunes, je sais que t’en as. C’est quand même pas pour rien que tu travailles à la Banque de ton Papa. Donc, vas-y pour les huitres !

Toute une marmite d’huitres est déposée sur la table du couple. Yvette en engloutit des tas sans effort, vu que ça glisse facilement dans son palais. Mais arrivée presque aux trois quarts, une brusque sensation de dégoût la gagne.

- Mon ange, tu n’as plus faim ?

- Roland, je crois que je vais tout vomir ici !

- Hein ? Je t’avais pourtant prévenu que tu serais malade, mais toi, tu n’en fais qu’à ta tête. Maintenant…

Le fiancé n’avait pas fini d’achever sa phrase que sa dulcinée se leva précipitamment de son siège en direction du pont du bateau pour gerber dans l’eau. Dans sa course, Yvette ne parvint pas à se contenir. À deux pas de la mer, à même le pont du navire, en position penchée, la fille poussa un léger hoquet. Un vomi grisâtre fait de mollusques et de salive s’étala fort bruyamment devant les yeux de plusieurs autres convives. L’autre hoquet ne tarda pas à être lancé, qui expulsa de la bouche et des narines d’Yvette d’impressionnants volumes pâteux de poissons, de crustacés et de champignons. Tout aussi épais et remarquables furent les 3e et 4e renvois, formés quasiment du même mélange. La meuf clôtura son spectacle en rotant et en toussant très violemment et à plusieurs reprises. Une très grande flaque d’odeur déplaisante trônait sur les planches. Sous les mouvements du navire, elle s’élargit et commença à couler dans l’océan.

Mal à l’aise furent ceux qui, tout en mangeant,  assistèrent à ces dégoutantes performances. Bien plus gêné fut Roland, le petit ami à Yvette, qui cherchait le trou de souris le plus proche où se terrer. Et je n’imagine pas la tête de l’individu chargé de nettoyer toute cette quantité de dégueulis.