SÉPARATION DANS LE VOMI

Être cocue à répétition par celui qui vous bat quasiment tous les jours, telle est la vie d’Iris, jeune femme de 27 ans, qui veut en finir une bonne fois pour toutes avec la brute qui lui sert d’époux. Pas question de meurtre, mais plutôt d’une humiliation dont ledit époux se souviendra toute sa vie.

Le mec à Iris, bourré comme tous les soirs, après avoir copieusement baffé sa moitié, demande brutalement qu’on lui serve la table. Il ne se contentera en fait que d’un pain et d’un bol de soupe, laquelle soupe contient, aux bons soins de notre jeune femme, une bonne dose de somnifère, de quoi faire dormir durant trois jours. Les effets ne tardent guère : le mec est plongé instantanément dans un endormissement extrêmement profond. À la manière d’un sac, Iris traîne son lourd mari tant bien que mal, l’allonge, le dos tourné, sur le lit, puis le déshabille complètement. Ronflant comme six paquebots, le monsieur continue paisiblement son somme.

La jeune dame rentre au salon, côté salle à manger. Elle sort du placard dix brioches qu’elle dévore en moins de deux. Sur une poêle, elle détache une épaisse omelette aux jambons et à l’ail faite de huit œufs. Iris mange le tout. Du frigidaire, elle tire un gros pot de crème à la vanille qu’elle termine sans trop d’efforts. Notre femme a le ventre bedonnant, rempli de nourriture intentionnellement lourde, contrastant avec son corps mince. Rassasiée comme elle le veut, madame prend alors un vomitif puissant, histoire de se purger. Quelques minutes plus tard, gagnée par une irrépressible envie de dégueuler, Iris ne court pas aux toilettes, mais dans la chambre commune.

Là voilà, les mains sur ses cuisses, penchée vers la tête de son mec. Un rot vibrant se fait entendre et un vomi laiteux, bien pâteux et visqueux, explose sur la chevelure et l’oreiller. Moins d’une quinzaine de secondes après, une prodigieuse quantité sort de la bouche d’Iris, qui s’éclabousse sur le dos du mari, le mur et même le sol. Le jet est réellement impressionnant et vigoureux, bien que court ; notre jeune dame s’en étonne. Trois hoquets de plus, la même gerbe, toujours volumineuse, plâtre les jambes et les pieds du mari dormant d’un brun beige parsemé de morceaux de jambon. Sous l’effet de l’émétique et de la haine qu’entretient Iris, tout l’estomac, bile et suc gastrique compris, se vide sur le corps du mec en filets mousseux plus ou moins consistants, avec brutalité et quintes de toux très bruyantes et ce, durant presque cinq minutes ! Pendant tout ce temps, le bougre dort comme une souche…

Sans même prendre la peine de se doucher, Iris change de tenue, fait ses bagages et s’en va très très loin du toit conjugal. On ne la reverra plus jamais. Ce n’est que 22 h plus tard que le mec se réveillera de son long sommeil, tout plaquée de vomissures puant une immonde fermentation. Dès qu’il se sera rendu compte de ce qu’il lui est arrivé, il piquera une crise de démence et sera interné.