EUCHARISTIQUE DÉGUEULIS

Les enfants en pleine croissance ont besoin de beaucoup de nourriture, c’est connu. Les parents à Solange le savent et désire que leur gamine de 11 ans récupère de sa grippe qui l’a terrassée la semaine dernière et qui l’a fait perdre presque quatre kilos. À leur grande joie, notre môme a un appétit d’ogre (pour ne pas dire d’ogresse). Au petit déjeuner, elle a fini trois assiettes pleines à ras bord de riz au lait, ce qui ne s’est jamais produit auparavant, elle qui consomme difficilement une seule assiette. La panse ainsi bourrée (cela se voit à travers sa robe), Solange, accompagnée de sa mère, va à la messe de neuf heures.

Tout se passe bien jusqu’au moment de l’eucharistie. Dès que notre fille s’agenouille, elle ressent une soudaine et intense envie de dégobiller. Elle se lève d’un coup pour se diriger vers la porte. « Chérie, un problème ? », demande sa mère. Solange ne répond pas. Les mains accrochées au banc devant elle, sans le moindre hoquet ni le moindre rot, elle éjecte en projectile une pâte visqueuse chargée de grains de riz qui n’atteint heureusement personne, car le banc est vide. Les gens alentour sursautent. Mais notre fille n’est pas totalement vidée.

Le deuxième jet manque de puissance et tombe à la verticale sur le pauvre banc. Il est manifestement plus abondant et prend presque six secondes. Le vomi dégouline sur le sol en filets blanchâtres. Agitation dans l’Église. Indifférent, le prêtre poursuit la messe. Solange est vite tirée par sa mère vers la sortie. Le long du parcours, une trainée de riz au lait est rendue. Arrivée au parvis, notre ado pose ses mains et ses genoux sur le sol, puis vide définitivement son estomac. Un hoquet est immédiatement suivi de quelques gorgées qui s’affalent un mètre et demi plus bas en éclaboussures. Le dernier vomi, précédé d’une toux, n’est formé que d’un mince filet. Solange conserve sa posture durant presque deux minutes, mais plus rien ne sort de sa petite bouche.

Du beau travail et bien des coups de torchon en perspective…