Indigestion enfantine II

18 h 30’. Ingrid, grosse fille de 10 ans, ne cesse de se plaindre qu’elle ne se sent pas bien. Elle a l’impression qu’un poids s’accumule de plus en plus dans son ventre. Le matin, elle a pris un gros pain fourré au jambon et aux œufs avec une bonne tasse de lait. À midi, trois crêpes et cinq beignets ont constitué son repas. À 16 h, avec une amie de quartier, elle a consommé une grande quantité de popcorns. Et depuis lors, Ingrid pousse des rots à odeur d’œufs pourris.

Elle a beau boire de l’eau, rien n’y fait, au contraire : en retirant sa blouse et en touchant son bide, elle remarque que son estomac est rempli, au point même qu’un moment, juste en s’inclinant, elle croit vomir sur place. Mais notre fille se dit qu’en dormant, elle sera soulagée. Effectivement, elle sera soulagée, mais de quelle manière ?

Ingrid sombre dans un profond sommeil dès qu’elle pose sa tête sur l’oreiller. Inconsciemment, son corps décide de se débarrasser de toute cette nourriture mal digérée depuis des heures. Un très léger rot propulse abondamment sur le côté droit du lit une épaisse gerbe beige parsemée de morceaux de jambon et de popcorns. Une quinte de toux plus tard, un autre jet fuse de la gorge d’Ingrid sans effort de sa part, presque comme un robinet ouvert. Tout l’oreiller est imbibé et le côté droit plâtré d’un vomi chaud et tellement lourd qu’il s’infiltre difficilement. Des relents de putréfaction flottent dans la chambre. Toujours inconsciemment, notre grosse gamine se retourne sur son oreiller, cette fois du côté gauche et enduit ses cheveux du contenu de son estomac. Après deux ou trois hoquets, un liquide plus aqueux, mais moins abondant, salit une fois de plus les draps.

La mère d’Ingrid, mue par l’intuition féminine, va s’enquérir de l’état de sa fille. Elle est horrifiée de constater que celle-ci a rendu copieusement bien au-delà de ce qu’une fille de 10 ans peut décemment contenir.

La môme est soulevée du lit et déposée au divan du salon, toujours endormie. Le drap dégueu et le polo de la fille sont délicatement posés dans un seau, le matelas est retiré. Il gardera une désagréable odeur au moins trois mois…